En naviguant sur notre site vous acceptez l'installation et l'utilisation des cookies sur votre ordinateur. En savoir +

Menu INRA Logo_UM2015

UMR DGIMI Diversité, génomes interactions microorganismes-insectes

Biologie des espèces étudiées

Hyposoter didymator

Hyposoter didymator (Ichneumonidae; Campopleginae) est une espèce a priori généraliste qui parasite plusieurs ravageurs des cultures de la famille des Noctuelles (Helicoverpa armigera, Spodoptera littoralis, Spodoptera exigua, Autographagamma, etc..).

Cette espèce étant répandue sur le pourtour méditerranéen, elle est susceptible de réguler de façon non anecdotique les populations de noctuelles qui sont des ravageurs des cultures.

C’est une espèce endoparasitoïde solitaire (un seul individu se développe par chenille hôte).

1. La femelle pond un œuf dans une jeune chenille.

2. L’œuf éclot au bout de 2 jours,

3. La larve se nourrit aux dépens de tissus de la chenille hôte,

4. En fin de développement, la larve mature sort de la chenille qui meurt, et tisse un cocon pour s’y nymphoser.

Le développement complet dure environ 2 semaines (à 25°C).

 Les chenilles parasitées montrent un phénotype caractérisé par une faible prise alimentaire et une forte réduction de la croissance pondérale, et elles cessent leur développement en fin de 4ème stade.

Cette espèce est associée à un polydnavirus du genre Ichnovirus dont les particules sont produites dans les ovaires et injectées dans le lépidoptère lors de l’oviposition : HdIV (Hyposoter didymator IchnoVirus). Nous avons montré que HdIV était indispensable à la réussite du développement larvaire de H. didymator.

cycle H_didymator

Cycle de Hyposoter didymator

La femelle pond son œuf dans une chenille (de préférence au 2ème ou 3ème stade larvaire). Lors de la ponte, elle co-injecte des particules d’ichnovirus (HdIV) produites par les cellules du calyx et stockées dans les ovaires. La larve parasitoïde se développe à l’intérieur de la chenille parasitée, qui continue elle-même à se développer, mais qui a une croissance et une prise alimentaire moindre comparée à une chenille non parasitée. En parallèle, les cellules de la chenille parasitées, infectées par HdIV, produisent des protéines ichnovirales (i.e. codées par l’ADN présent dans les particules de HdIV). Ces protéines HdIV sont en partie responsables du moindre développement de la chenille parasitée et de l’inhibition de sa réponse immunitaire. De façon intéressante, pour cette espèce, l’œuf est également protégé vis-à-vis de la réponse immunitaire de la chenille grâce à des protéines de surface (Dorémus et al., JIP 2013). 

Venturia canescens

Venturia canescens : (Ichneumonidae ; Campopleginae) est un endoparasitoïde solitaire de Lépidoptères ravageurs de denrées stockées appartenant à la famille des Pyralidae, tels que Ephestia kuehniella.

Chez cette espèce, deux modes de reproduction coexistent : la thélytoquie (une femelle ne produit que des filles) et l’arrhénotoquie (une femelle produit des mâles parthogénétiquement et des femelles par fécondation de ses gamètes).

Un œuf est pondu par les femelles dans une chenille hôte. Les larves parasites se développent ensuite dans l’hôte qui reste vivant. Dans la chenille hôte, l’œuf de V. canescens est protégé vis-à-vis de la réponse immunitaire grâce à des particules pseudo virales (Virus-like-particles ou VLPs). Ces VLPs sont produites dans les cellules du calyx puis dans les ovaires, elles enrobent l’œuf formant ainsi une couche protectrice. Nous avons montré récemment que ces VLPs étaient produites par des gènes provenant de l’intégration d’un nudivirus dans le génome de la guêpe au cours de l’évolution (Pichon et al., 2015 Science Advances).