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Centre de Biologie pour la Gestion des Populations - UMR Inra, IRD, Cirad, Montpellier SupAgro

Diagne

Diagne

Christophe DIAGNE
Courriel : christophe.diagne(at)ird.fr
Fonction : postdoc, IRD
Sujet : Écologie des communautés de parasites de rongeurs natifs et invasifs en contexte de changements environnementaux au Nord Sénégal
Financement : IRD
Dates : 1er février 2016 – 31 janvier 2018

De nombreuses études suggèrent que l’arrivée d’une nouvelle espèce hôte, en lien avec les modifications environnementales contemporaines, peut avoir des conséquences sur la circulation de parasites locaux et exotiques. L’espèce nouvellement introduite peut être une source de parasites nouveaux dans l’aire colonisée, et/ou modifier la probabilité de transmission des parasites locaux au sein de l’environnement envahi. En réponse aux variations de densités des hôtes natifs et invasifs, cette probabilité de transmission peut augmenter (hypothèse d’amplification) ou diminuer (hypothèse de dilution) en fonction de la compétence de l’espèce introduite à maintenir et transmettre le parasite. Les rongeurs étant connus pour être d’importants réservoirs de pathogènes pour l’Homme, le bétail et/ou les animaux domestiques, ces diverses relations entre biodiversité et circulation de parasites peuvent avoir des conséquences extrêmement importantes en termes de santé publique.

Le cas de l’invasion actuelle du Sénégal par la Gerbille nigériane (Gerbillus nigeriae), indicatrice biologique des changements climatiques et environnementaux dans le Sahel, constitue un cadre d’étude excellent pour mener des approches comparatives sur ces questions dans un contexte spatio-temporel bien défini. La gerbille nigériane représente l’une des espèces invasives les plus importantes au Sahel, aussi bien en termes de vitesse d’expansion que d’impacts négatifs. Apparue dans le nord du Sénégal probablement depuis la Mauritanie il y a une vingtaine d’années, cette espèce à affinité désertique profite de l’aridification (liée à la diminution de l’abondance et de la prévisibilité des précipitations et à un glissement de leur distribution vers le sud) et de la dégradation et de l’anthropisation (déboisement, érosion des sols, surpâturage) des habitats pour étendre son aire de distribution vers le Sud du pays. Elle est devenue une des espèces dominantes des communautés de rongeurs des habitats naturels et agricoles.

Basées sur des suivis longitudinaux des communautés de rongeurs et de leurs parasites en cours depuis 2009 dans plusieurs localités, les recherches menées viseront essentiellement à analyser les relations entre les variations spatio-temporelles des structures des communautés de parasites (helminthes, bactéries, virus et/ou protozoaires), paramètres écologiques (type de milieu, caractéristiques environnementales) et abondances relatives des différentes espèces de rongeurs hôtes présents au sein des agro-écosystèmes sahéliens au Nord Sénégal. Ces recherches permettront aussi d’identifier la présence de différents pathogènes potentiellement transmissibles à l’homme ou au bétail, avec des conséquences importantes en termes d’hygiène et de santé publique.